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Lise Palais-Martinon

Portraits de charbonnois

Lise Palais-Martinon

Claudia Louise Martinon est née le 5 juin 1902 à Lyon 6ème, 119 rue de Sèze, de Pierre Martinon, architecte, et Jeanne Joséphine Bidal, sans profession.

Elle faisait partie d’une fratrie de 5 enfants dont :

Elle a eu une activité musicale commune avec son frère Jean, entre les 2 guerres à l'époque où elle était diva et lui violoniste. Après la 2ème guerre, leurs projets divergent totalement, car Jean devient un chef d'orchestre et compositeur renommé et dans le même temps, elle se tourna résolument vers l’opérette, qu'il jugeait inférieure à la « grande » musique classique.

Elle adorait l’opérette. Elle disait que c'était toujours gai et que contrairement à l'opéra les gens n'y meurent pas à la fin (à plus de quatre-vingt ans elle faisait encore le grand écart sur scène !). Ces parents avaient encouragé les carrières artistiques de leurs enfants mais la descendance artistique s'est arrêtée avec eux.

Son père, Pierre Martinon, mourut très jeune (environ 30 ans) laissant à sa femme de quoi vivre confortablement avec ses enfants, mais elle travailla dur pour son fils Jean, en faisant des broderies à domicile, pour lui offrir le nécessaire pour sa formation de violoniste allant même jusqu'à lui offrir un Stradivarius.

Mariée à Pierre Palais le 24 septembre 1919

Elle a eu un premier fils, Michel mort au champ d’honneur pendant la guerre 1939-1945, le 12 avril 45 à Modane, juste avant l'armistice du 18 mai. Il a été décoré de la Croix de guerre à titre posthume et enterré au cimetière de la DOUA à Lyon. Son nom est mentionné sur le monument aux morts de Charbonnières les bains et sur le caveau de la famille Martino à Caluire et Cuire.

Son deuxième fils Jean est mort deux ans après elle. Elle a encore un petit fils Roland et une petite fille Nicole avec qui elle n'entretenait peu de rapport.

Plusieurs prix du Conservatoire de Lyon en 1924-1925-1927

Elle reçut en 1924 le prix 2ème Accessist Chant du Conservatoire de Lyon, en 1925 le prix de 2ème solfège du Conservatoire de Lyon, en 1927 le 2ème prix de Chant du Conservatoire le Lyon et enfin en 1927 le prix de 2ème Déclamation Lyrique du Conservatoire de Lyon.

Elle participa en 1932 au concours d’élégance automobile de Charbonnières les Bains.

1937 : cantatrice soliste des concerts Lamoureux

Elle eut une petite carrière de « diva » dans la région, en se produisant régulièrement à Radio- Lyon. Elle a enregistré plusieurs disques 78 tours. Elle se produit au Théâtre Municipal de Chambéry. Lise Palais participait aux mêmes programmes que son frère Jean Martinon pensionnaire au Théâtre La Gaité Lyrique à Paris.

Donne son nom à une rose, en 1937, créée par les Pépinières Gaujard à Feyzin

Rose Lise Palais dit rose de Charbonnières

Jean-Marie Gaujard avait souhaité dédier une rose à Lise Palais qui était l’épouse de l’un de ses amis. Elle avait choisi « sa rose » parmi plusieurs qu’il avait sélectionnées. Elle a été baptisée à la roseraie de Feyzin.

C'est l'époque où elle commence une carrière de divette, principalement au Maroc et en Algérie, puis à l'Ile Maurice, comme directrice de troupe.

Alors en tournée à Tanger au Maroc, elle est invitée à une soirée où elle rencontre le fameux naufragé volontaire Alain Bombard. Il doit prendre la mer le lendemain pour sa folle aventure et elle donne une représentation le même jour. M. Bombard est sous le charme et décide de repousser son départ pour pouvoir assister à son spectacle.

A été propriétaire et a habité Charbonnières les bains, route de Paris depuis 1937 et a vendu sa propriété en 1962.

Henri Perrier se souvient : « C’était pendant les années 1940 - 1945, Lise nous réunissait chez elle dans sa villa de CHARBONNIERES route de PARIS pour apprendre à chanter. Nous étions au moins une dizaine : ANDRE et MICHEL DARNE, LEO GIRAUDIER et sa sœur, Docteur Guillot et sa sœur, Josiane BERGER, et d'autres de CHARBO et de TASSIN… Et c'était une fois par semaine. Nous aimions beaucoup cette grande dame et nous ne voulions pas manquer ces réunions. Elle avait une superbe voiture américaine qui nous faisait rêver : une Ford Mustang orange et blanche de plus de 400 CV. On attendait son passage au virage de la Nationale 7 à 11 h le matin ! »

Elle se rendait souvent à La Garenne Colombes où se trouvait sa sœur France AUDOUL, artiste peintre, et où elle rencontrait son frère Jean MARTINON, chef d'orchestre. De La Garenne Colombes, elle avait un appartement qu'elle avait vendu en viager à son notaire lorsqu'elle a pris sa retraite en 1963 pour s'installer sur la Côte d’Azur. Pendant près de trente-cinq ans, le notaire a dû payer probablement plusieurs fois la valeur de l'appartement.

S’est installée au Cannet (Alpes Maritime), 13 rue de l’Abreuvage, en 1962

Claudio Fornasari témoigne : « Je suis jardinier et c'est en me contactant pour un travail dans son jardin que j'ai connu Mme Martinon. Elle vivait seule et à la fin des travaux elle me proposa d'habiter chez elle, en échange de services divers. Après quelques jours de réflexion, j'ai accepté la proposition et je suis resté une douzaine d'année chez elle : sept ans de son vivant et cinq années après sa mort. Elle avait demandé à son fils de me laisser vivre dans le studio au rez-de-chaussée, même après qu'elle soit partie. Elle me confiera plus tard que sa voyante lui avait prédit mon arrivée. Elle consultait sa voyante tous les mois. Sa maison portait le nom de « chalet Anne » : c'était le nom de la fille du voisin qui avait vendu un quart de sa propriété à Mme Martinon. Il n'y avait pas d'immeuble en face, juste une petite maison en pierre détruite par un promoteur qui s'est vu le permis de construire refusé ou annulé pendant des années libérant une vue fabuleuse sur la baie de Cannes. L'immeuble actuel a été construit l'année de la disparition de Mme Martinon. »

1974 le « Théâtre d’opérette de Cannes »

Elle crée en novembre 1974 le « Théâtre d’opérette de Cannes » dont elle est la présidente et assure la direction de : West Side Story (Bernstein) - Phi Phi (H. Christiné) - La veuve joyeuse (F. Lehar) - Valses de Vienne (J. Straus) - Rêves de Valse (Oscar Straus) - Véronique (A. Messager) - Les mousquetaires au couvent (Ed Audran) - L’Auberge du Cheval Blanc (Johann Strauss) - Le comte de Luxembourg (F. Lehar) - Dada - Ta bouche - Les cloches de Corneville (R. Planquette) - La vie Parisienne (Offenbach) - Pays du sourire(F. Lehar). Elle se permettait parfois quelques libertés, en arrangeant certaines œuvres afin de les moderniser.

Elle certes prenait soin de son corps, jouait au tennis et pratiquait aussi le ski étant plus jeune, (elle passait chaque année un mois dans un chalet en Suisse), mais elle ne plaçait jamais l'exercice physique devant la culture et les arts.

A 70 ans, elle a appris la technique de réalisation des icônes très complexe (Le solvant utilisé est le jaune d'œuf), avec un maitre russe. Quand elle considéra qu'elle possédait assez bien la technique, elle arrêta en disant qu'elle l'utiliserait dans ses vieux jours. Ce qu'elle fit plus tard en réalisant notamment un chemin de croix.

Elle décède au Cannet (06), le 29 juillet 1999, à 12h 30. Son corps repose au cimetière principal de Caluire (69).

 

Sources :
Mme Nicole Deweer-Palais, sa petite fille
et M. Claudio Fornasari, son jardinier