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L’Abbé Bergeron


Abbé Jean Bergeron

Succédant à l’abbé Berlier en novembre 1902, l’abbé Bergeron assurera pendant 30 ans le plus long ministère de tous les prêtres qui sont passés dans la paroisse depuis 1803, date de sa création.

Lorsqu’il la quittera en 1932, son successeur, l’abbé Dubessy, prendra sa suite pendant 30 ans également.

Ainsi, pendant près de 60 ans le pouvoir spirituel a été détenu par deux prêtres seulement tandis que durant la même période deux maires se sont aussi succédé à la tête de la commune : le Dr. Girard de 1886 à 1919 et M. Alexis Brevet de 1919 à 1932.

Quand l’abbé Bergeron arriva à Charbonnières, il découvrit une église complètement rénovée et agrandie qui répondait enfin aux besoins exprimés depuis des décennies par le clergé désolé de ne pouvoir accueillir les milliers de fidèles qui se succédaient durant les six mois de la période des Eaux, satisfaction hélas bien tardive car le thermalisme commençait à donner des signes d’épuisement.

Mais ce qui l’attendait aussi, c’étaient les effets de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat qui mettait sous séquestre tous les biens de l’Eglise. Avant l’inventaire du patrimoine paroissial, de nombreux paroissiens avaient récupéré les dons qui lui avaient été faits à différentes époques pour les soustraire à la mainmise de l’Etat.

La dernière réunion du Conseil Paroissial s’est tenue le 9 décembre 1906. L’apurement des comptes fait apparaître un excédent de recettes de 45 francs et 60 centimes. A la fin de la séance les membres émettent et signent la protestation suivante :
"Nous, membres du conseil de fabrique de Charbonnières, protestons avec énergie et indignation contre le dessaisissement de la gestion des biens de l’Eglise de Charbonnières qui nous est imposé contrairement à la volonté de Notre Sainte Mère l’Eglise. Nous déclinons toute responsabilité relativement à la gestion de ces biens dans l’avenir et faisons en toute sincérité profession de fidélité et de dévouement au Souverain Pontife et à Monseigneur l’Evêque."

Suivent les signatures : Sainte-Marie Audras, président – Assadas, trésorier – Pontet, secrétaire – Jean Audras – Nové – M. le curé Bergeron.

La première réunion du conseil dit "paroissial" nouvellement constitué en remplacement du conseil de fabrique se tient le 25 août 1907 ; présentés par Monseigneur le Cardinal Couillé et l’abbé Bergeron, ses membres sont les mêmes auxquels vient s’ajouter M. Laurent Renaud.

La décision est prise d’assurer l’église et son mobilier contre l’incendie.

En septembre 1913 une bienfaitrice anonyme dote l’église de lustres et d’un harmonium à neuf jeux, le conseil de fabrique la remercie vivement.

Dans les années qui suivent l’abbé Bergeron va s’employer à reconstituer le patrimoine paroissial et à meubler l’église. Le 22 août 1922 il informe le conseil de fabrique qu’il a fait don à l’église d’un tableau du XVIème siècle, peut-être de Jean Snetlink représentant le "Calvaire de Jésus en Croix entre deux larrons".

Au cours de l’année on achètera 10 agenouilloirs et deux nouveaux bancs, ce qui porte leur nombre à 10. La grande porte est restaurée et l’église est maintenant dotée de l’éclairage électrique avec 15 lampes, et la cure avec 23.

En 1922 la municipalité envisage la création d’une route qui joindrait celle de Sain Bel au chemin des Eaux, au pont de la Bressonnière, son financement en serait assuré par souscription publique à laquelle l’abbé Bergeron participe pour 100 000 francs.

Après l’adoption du projet par le Conseil, le débat s’engage sur la dénomination à donner à cette nouvelle route qui pour le moment est encore appelée "route de la Vallée". Le maire explique aux conseillers que la souscription de 100 000 francs consentie par l’abbé Bergeron implique comme condition que le boulevard à ouvrir porte à perpétuité la dénomination "Avenue Jean Bergeron, curé de Charbonnières".

Il espère que le Conseil entrera dans les vues de Monsieur le curé Bergeron et qu’il voudra bien, par ce témoignage, commémorer la mémoire de ce généreux bienfaiteur de Charbonnières, digne continuateur de l’œuvre de l’un de ses prédécesseurs, M. l’abbé Marsonnat, curé de Tassin et de Charbonnières qui a découvert la source en 1778.

Effectivement, le Conseil Municipal remercie le donateur et décide de donner à perpétuité au boulevard à ouvrir la dénomination suivante : "Avenue Bergeron, curé de Charbonnières".

Deux ans plus tard la route est terminée. Le 15 juin 1924 elle est inaugurée, une plaque sur laquelle figure le nom de baptême "Avenue Bergeron , curé de Charbonnières" est posée, un arbre de la Victoire est planté près du pont de la Bressonnière, les festivités sont placées sous la présidence du préfet et la municipalité offre un vin d’honneur.

Le bail de la cure expirant à la fin de 1925, l’abbé Bergeron en demande un autre au nom du Conseil Paroissial, pour douze ans, sans dédite, même en cas de décès ou de départ du présent occupant. Il demande également le maintien de la formule de l’ancien bail, 400 francs et impôts de toute nature au lieu et place de la commune...

Le nouveau bail de douze ans est approuvé par le préfet, faveur personnelle à M. le Curé en raison de son titre de "Bienfaiteur de la commune".

Puis cinq nouveaux tableaux viendront orner les murs nus de l’église, deux autres sont prévus pour bientôt.

De nouveaux bancs installés portent leur nombre à 12.

En 1927 les différents candélabres du maître-autel et des deux chapelles ont été remis à neuf et adaptés au style de l’église. Quatre nouveaux tableaux sont donnés, l’abbé entend marquer ainsi sa 25ème année de cure à Charbonnières.

En octobre 1929 deux acquisitions sont réalisées : une statue de Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus d'un mètre cinquante de haut, ivoirée, sur un pied gothique ; elle a été placée contre un pilastre de l’ancienne église ; et une garniture de six chandeliers et une croix en fonte vernie or, du même modèle que celle achetée l’année d'avant pour le maître autel.

De plus, en raison d’une forte hausse annoncée pour 1930, M. le curé a commandé une garniture semblable pour l’autel de Saint-Joseph.

En octobre 1930, des chandeliers pour cet autel sont achetés. Plusieurs bancs sont commandés pour compléter le mobilier de l’église.

Considérant que l’installation de l’église est achevée, M. le curé envisage d’utiliser les ressources futures à la création d’une salle d’œuvre.

En mars 1932 le long ministère de l’abbé Bergeron s’achève, l’abbé Dubessy lui succède. En avril de cette même année on déplore la disparition du maire, Alexis Brevet, des élections complémentaires amènent M. Victor Jacob à la mairie, il l’occupera jusqu’à la débâcle de 1940 qui imposera une délégation préfectorale à la commune durant 5 ans ; elle ne cessera qu’à la Libération où, en mai 1945 auront lieu les premières élections d’après guerre.

L’abbé Dubessy poursuit son ministère, jusqu’en 1961.

Robert Putigny - Août 2004
Président d’honneur

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