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De 1940 à 1981 : Nouveau départ et élargissement

Histoire du Syndicat d'Initiative

Presque sept ans vont s’écouler avant la reprise officielle des activités du Syndicat d’Initiative. La première réunion d’après guerre se tiendra le 27 avril 1946 sous la présidence de M. Chardiny, lui qui avait tant hésité à accepter cette charge 14 ans plus tôt. Dans un bref exposé il résumera cette longue période d’inactivité. La séance ne dépassera pas 45 minutes, que le trésorier mettra à profit pour rappeler que les dépenses de la dernière Fête des Fleurs n’avaient pas entièrement été réglées par le Casino, que la trésorerie n’a pas trop souffert grâce à la sous-location de son local à des organismes de guerre, mais aussi qu’il était urgent de convoquer une Assemblée générale pour désigner un nouveau Comité de Direction. Adhésion de la commune de La Tour de Salvagny.

Elle se réunira le 4 mars 1946 ; ouverte à 13 heures 25, elle se terminera à 14 heures 05, mais ces 40 minutes auront suffit à élire un Comité Directeur de 21 membres et à donner satisfaction au maire de La Tour de Salvagny qui désirait y intégrer sa commune, quatre sièges, dont un de vice-président, lui seront réservés. L’Assemblée à peine terminée, le Comité se réunit pour désigner les membres de son Bureau dont la première décision sera de fixer la cotisation à 50 francs.

L’Assemblée générale de 1947 ne sera guère plus longue, elle suffira pourtant à enregistrer trois démissions, dont celle du président. Une Commission de trois membres est chargée de le faire revenir sur sa décision ou, en cas d’échec, de rechercher un successeur. Finalement M. Chardiny consent à rester provisoirement à son poste, mais demande que soit reconstitué le Comité de Direction afin d’y incorporer des éléments jeunes et actifs qui devront rendre le S.I. plus dynamique qu’il ne l’est actuellement.

Le buste du Dr Girard, ancien maire, qui avait été érigé à l’entrée du parc thermal a été enlevé par les Allemands, une suggestion visant à le réinstaller s’étant manifestée, la proposition est mise à l’étude. L’inertie la plus complète en matière d’accueil régnant toujours dans la station, en 1948 il est décidé qu’il n’y a plus de raison de maintenir une permanence, la personne qui l’assurait sera occupée plus utilement à l’encaissement des cotisations.

Sous le patronage de Cinémonde, l’élection de la Starlette du Sud-est doit avoir lieu à Charbonnières, elle sera choisie parmi les Reines de 13 villes de la région lyonnaise. A l’heureuse élue, un séjour d’une semaine à Paris sera offert, de plus, elle aura la possibilité de tourner une bande d’essai dans l’un des studios de l’Union cinématographique lyonnaise.

On constate en 1950 un flottement dans le fonctionnement du S.I., les Assemblées Générales ne se font plus régulièrement comme le prévoient les statuts. Ainsi, après celle de 1947, il aura fallu attendre trois ans pour voir la suivante, et la prochaine n’est prévue que pour 1954. M. Chardiny se plaint toujours d’un hébergement inexistant et déplore que des hôtels n’aient pas été construits avant la guerre, ils seraient très rentables aujourd’hui.

L’état lamentable dans lequel se trouve la station provoque à nouveau la démission du président qui sera d’ailleurs suivie de celle du Comité tout entier car il n’a plus d’existence légale, ses membres n’ayant pas renouvelé leur mandat en temps voulu, résultat vraisemblablement dû à l’irrégularité des Assemblées annuelles.

Devant l’urgence, une Assemblée sera convoquée le 8 avril 1954, il en sortira un nouveau président dont le premier travail sera de rétablir le système des permanences. Elles seraient assurées de 14 à 17 heures par une secrétaire appointée les jours ouvrables, qui percevrait 5000 francs pendant quatre mois de la saison et 2500 francs pendant six autres mois, les deux mois restants étant considérés comme congé non payé. Il conviendra également de relever le montant des cotisations, pour les commerçants il sera de 500 francs et de 250 francs pour les particuliers.

Le président issu de cette Assemblée, M. Lagier, va se trouver d’emblée devant un problème dont il se serait bien passé. C’est une proposition de M. Goux, représentant du Casino, qui va provoquer un important désaccord entre les deux communes. Il propose de changer l’appellation actuelle du S.I. en Syndicat d’Initiative de Charbonnières-Les-Bains – La Tour de Salvagny. Tout doux, dit la municipalité de Charbonnières formellement opposée à cette modification, elle entend bien conserver son appellation d’origine : Syndicat d’Initiative de Charbonnières-Les-Bains et environs, comme il l’a reçue à sa naissance, et menace de retirer sa subvention si la proposition de M. Goux est adoptée. Déjà embarrassante à ce stade, la situation va se compliquer quand La Tour de Salvagny fera monter la température en annonçant que si la motion Goux n’est pas adoptée, c’est elle qui supprimera sa subvention. Situation cornélienne dont le nouveau Comité se défaussera en reconnaissant son incompétence en la matière et en remettant le soin de trancher à la prochaine Assemblée générale. On pense que de défi en défi la situation va progresser jusqu’à l’explosion finale, mais la sagesse recommande de laisser "du temps au temps". Vraisemblablement la situation a dû être évoquée au cours de différentes assemblées, mais rien n’a été décidé et la question s’est réglée d’elle-même quand La Tour ayant renouvelé sa demande d’adhésion au S.I. sera représentée au sein du Comité de Direction. Alors rien ne s’opposera plus à ce qu’il devienne le Syndicat d’Initiative de Charbonnières-Les-Bains - La Tour de Salvagny.

De 1955 à 1961, c’est M. Willy Guérin qui va remplacer M. Lagier à la présidence. Pendant cette période on notera la création d’un tournoi de minigolf et une nette augmentation des subventions, mais on constate en même temps une non moins nette désaffection de la part des commerçants et du personnel du Casino vis-à-vis du S.I.

En 1959 la municipalité envisage la construction d’un "Pavillon du Tourisme" qui serait loué au Syndicat. On reprend la traditionnelle Fête des Fleurs, le S.I. organise la "Grande Nuit de Charbonnières". On réclame un terrain de camping et la Société des Eaux Minérales est prête à rencontrer les deux communes en vue d’élaborer un plan d'ensemble pour le développement général de la station.

En 1961, M. Jacques Bernard est président, il met un vaste programme en chantier : Rallye surprise, Festival de musique, Fête des Fleurs, Fête de la Commune Libre, Concours de pêche à la ligne, tournoi de pétanque, Course cycliste des "Vieilles Gloires", Prix littéraires, et envisage la création d’une piscine dans le parc de Lacroix Laval. A ce propos, M. Bernard Paday, le maire d’alors, fait remarquer que si un accord avait pu s’établir au sein du Syndicat Intercommunal, il aurait été possible à une certaine époque de réaliser l’achat de ce domaine pour moins de 50 millions de francs. Par contre, le concours des maisons et des balcons fleuris si prisé autrefois est en chute libre, les gagnants de 1959 ne sont même pas venus retirer les lots qui leur étaient offerts ; cette manifestation sera donc abandonnée. Il est aussi un autre domaine qui pose problème, celui des cotisations, on envisage de les faire recouvrer par le facteur à qui une ristourne de 15% serait attribuée. Le projet du Pavillon de Tourisme, trop cher, n’est pas poursuivi. Le siège du S.I. est transféré dans un local de l’Etablissement thermal qui accepte de lui donner asile. Il est fortement question d’implanter un complexe universitaire dans le domaine de Lacroix Laval qui est maintenant propriété du Conseil Général, la perspective de la présence de milliers d’étudiants dans la commune est diversement appréciée de la population. Le volume des activités s’est fortement accru au cours de ces dernières années, et on envisage sérieusement le recrutement d’une secrétaire-hôtesse à temps complet, son salaire pourrait être assuré soit par une subvention des deux communes, soit par le Syndicat intercommunal. Mais il est heureux que cette embauche ne se soit pas réalisée, il aurait fallu licencier cette employée car en 1968 son utilité ne se justifiait plus en raison de la disparition programmée de notre Syndicat ; il était question en effet de fusionner avec celui de Lyon, ou de s’associer avec lui dans le cadre de la COURLY, en étant "quand même" représenté au Conseil d’Administration. La décision appartenait à l’Assemblée générale de 1969, après des discussions serrées, les deux éventualités seront repoussées et le S.I. maintenu dans son autonomie. L’alerte avait été chaude, et c’est bien lentement qu’il reprenait vie. Pour lui éviter de se retrouver un jour dans une situation analogue, le président suggéra aux maires des deux communes la création d’une Convention municipale, mais la proposition qui fut rejetée de part et d’autre. Cependant l’abondance du courrier qui augmentait pouvait nécessiter la présence d’une secrétaire pour assurer une permanence de quelques jours par semaine, car à cette époque le S.I. n’était ouvert que le samedi de 10 à 12 heures. La commune de Marcy l’Etoile rejoint le Syndicat d’Initiative.

C’est en 1971 que, à la demande de son conseil municipal, la commune de Marcy l’Etoile rejoindra les deux autres au sein du Syndicat d’Initiative qui prendra alors le nom de Syndicat d’Initiative du Triangle Vert.

1972, année du cinquantenaire du Syndicat d’Initiative que l’on aurait désiré fêter de manière grandiose. Malheureusement, faute de moyens, on ne marquera cet anniversaire que par un bal, oui, mais quel bal ! Il était organisé par la colonie polonaise de Lyon et placé sous la présidence de Son Excellence l’Ambassadeur de Pologne, venu tout exprès de Paris. Le succès fut à la mesure de l’événement, le Syndicat d’Initiative n’y apporta qu’une faible participation, mais l’essentiel n’est-il pas de participer... ? Bien que son jubilé fut magnifiquement célébré avec le concours d’un partenaire étranger, l’éclat de la fête illumina aussi les cinquante ans de notre Syndicat d’Initiative.

En 1974, le Syndicat est en deuil, on déplore la disparition soudaine de Jacques Bernard. Le secrétaire général, Georges Chaîne lui succède à la présidence. Il rendra hommage à son prédécesseur et réalisera un projet cher au cœur du président défunt, en organisant en septembre la première Coupe des Elus, et pour perpétuer son souvenir, dotera cette compétition du Trophée Jacques Bernard. La statuette en bronze qui le matérialise sera confiée chaque année à la triplette d’élus gagnante qui, l’année suivante la remettra en jeu jusqu’à ce qu’une même formation la remporte trois années consécutives. Un dossier "Accueil Information" destiné à informer les adhérents de la marche du Syndicat est crée, ils sont 110 cette année, l’an dernier ils étaient 33.

En 1975 une manifestation à l’intention des enfants voit le jour, il s’agit d’une exposition de dessins d’enfants. Dans les trois communes, les enseignants du secteur public et privé sont invités à faire exécuter par leurs élèves un dessin sur un thème donné, oeuvre individuelle, collective pour les classes maternelles. Les dessins sont ensuite collectés par le Syndicat pour être exposés dans les salons du Casino ouverts au public ; un jury désigne ceux qui lui paraissent les plus dignes d’intérêt du point de vue artistique, de la composition, ou pour d’autres motifs, et leurs auteurs reçoivent une récompense. L’année suivante on avait pensé organiser une exposition "rétro", mais faute d’avoir pu réunir suffisamment d’objets ou de documents anciens, les possesseurs manifestant une certaine réticence à s’en dessaisir momentanément, il fallut en abandonner l’idée. Heureusement, la "Nuit du Thermalisme", dîner spectacle animé par Annie Cordy rencontra un véritable succès. Un essai de permanence est tenté, il est assuré par une hôtesse du Centre de Réadaptation mise à la disposition du S.I. Le Syndicat d’Initiative compte 287 adhérents. De nombreuses activités voient le jour.

En 1977 on reprend la "Nuit du Thermalisme" avec Carlos comme vedette, succès garanti. Un vaste programme est annoncé pour cette année : Festival de musique, Exposition de dessins d’enfants, Tournoi de minigolf, Coupe des Elus, Bal du S.I., publication régulière des "Echos du S.I.". La permanence fonctionne tous les jours, mais on regrette que l’hôtesse mise à notre disposition soit insuffisamment formée à ses fonctions.

En 1978, le Centre de Réadaptation ne pourra pas participer financièrement à l’organisation de la "Nuit du Thermalisme". Devant en assurer seul la charge, le S.I. cherche à en diminuer le coût en sélectionnant les vedettes, la soirée sera animée par Jean Amadou. Le plan des trois communes est présenté sous une forme plus claire. Au cours de l’Assemblée générale, les assistants ont visionné un film d’amateurs présentant diverses manifestations du S.I. Une antenne du Syndicat d’Initiative est installée à la mairie de La Tour de Salvagny.

1979 promet d’être une grande année pour notre S.I., pour la première fois il va tenir son Assemblée annuelle extra muros, à Marcy l’Etoile, 150 personnes y assistent. Les statuts sont encore modifiés pour tenir compte du changement d’appellation du Comité de Direction qui va devenir Conseil d’Administration, il comprendra trente membres qui seront des Administrateurs. En raison du bicentenaire de la découverte de la Source Marsonnat, événement bien oublié mais cependant à l’origine de toute l’histoire, et aussi du vingt-cinquième anniversaire du Centre de Réadaptation Fonctionnelle, successeur de l’Etablissement thermal, la "Nuit du Thermalisme" revêtira cette année un éclat tout particulier avec une soirée de gala animée par Jo Dassin dans la salle du Grand Cercle. Le Festival de musique réunit 12 Sociétés regroupant plus de 500 musiciens qui se produisirent sans compter à travers le village avant de participer au Concours officiel de la Confédération Musicale de France. Le Tournoi de golf, toujours peu apprécié des Charbonnois, mobilise heureusement de nombreux joueurs des environs, ils étaient 98 cette année, avec une forte participation du club de Vals-Les-Bains. Quant à la Coupe des Elus, manifestation fort prisée des parlementaires et élus locaux, elle est maintenant inscrite au calendrier de leurs festivités et était cette année-là représentée par 35 triplettes d’élus et 26 triplette de sympathisants. Le bal de 1979, organisé avec la participation de plusieurs associations locales, a terminé la saison avec l’exposition de dessins d’enfants qui réunissait 726 chefs d’œuvre. Un Congrès scientifique qui s’est tenu pendant deux jours à Lyon, a rendu visite au Centre de Réadaptation Fonctionnelle dont M. Raymond Barre venait d’inaugurer les nouvelles installations.

En 1980, une Commission d’étude est créée : elle a pour mission de déterminer les nouvelles finalités du Syndicat d’Initiative en raison de l’importance qu’il prend du fait de ses nombreuses manifestations, du nombre de ses adhérents et de l’accroissement de la correspondance. La nécessité d’une assistante à temps complet se manifeste de plus en plus et il apparaît que les trois communes seraient favorables à l’établissement d’une Convention permettant de rémunérer une secrétaire. L’année suivante l’idée prend corps et l’espoir d’une solution apparaît. Dans l’allocution d’ouverture de l’Assemblée générale, le président expose la situation du thermalisme en France d’où il ressort que notre pays est l’un des mieux desservi en sources thermales et, paradoxalement, le moins en curistes, encore faut-il souligner que ceux-ci se répartissent seulement entre cinq ou six stations. La Commission d’étude créée l’an dernier fait part de ses suggestions pour l’utilisation rationnelle du S.I. dans le cadre de sa vocation : Accueil – Information – Animation. Il pourrait représenter l’antenne Ouest de l’Office de Tourisme de Lyon comme Villeurbanne le représente à l’Est, mais à condition que soient remplies impérativement trois conditions : ouverture à temps complet avec secrétaire appointée, transfert du siège dans un lieu plus central, assurance de ressources.

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