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De 1921 à 1939 : Naissance et développement dans un contexte financier difficile

Histoire du Syndicat d'Initiative

Changeons de siècle et arrivons au 3 juin 1921, c’était un mardi que, dans un lieu non précisé et sur invitation d’on ne sait qui, vingt-cinq Charbonnois et deux Marcillois désireux de redonner vie au destin thermal de Charbonnières-Les-Bains s’étaient réunis, avec l’idée de former une Association qui prendrait en main le redressement de la station fortement éprouvée par quatre années de guerre. Parmi ces vingt-sept personnes, dix seront élues pour former le premier Comité de Direction. Voici les noms de ces pionniers : MM. Delaye – Dr.Melou – Lanvers – Orsat – Blanchin – Lagier – Bennier Claude – Chartron – Barbary – Guérin Claude.

Au cours de la réunion suivante du 5 juin, c’est entre 21 heures et 22 heures 40, qu’un Bureau composé de cinq membres est désigné : Président, M.Delaye - Vice-Président, Dr. Melou - Trésorier, M. Lanvers - Secrétaire général, M. Orsat - Secrétaire adjoint, M. Blanchin.

Le SYNDICAT D’INITIATIVE DE CHARBONNIERES–LES-BAINS ET SES ENVIRONS est né et entre aussitôt en fonction. Le Président donne connaissance des statuts aux membres du Comité et propose de modifier l’article fixant son effectif en le portant de 10 à 15 pour permettre l’attribution de sièges aux communes voisines désireuses de se joindre au Syndicat.

En cette année 1921 Charbonnières compte 1033 habitants, M. Alexis Brevet est maire depuis 1919, il a succédé au Dr. Girard. Le tout jeune Syndicat est bien conscient de la tâche qui l’attend s’il veut participer à la rénovation de la Station, il est sans illusion quant aux fastes d’antan, la "Saison des Eaux" ne ramènera plus les milliers de curistes d’autrefois. Rouvert depuis deux ans, le Casino doit procéder à une remise en état complète de ses installations qui ont bien souffert de cinq années de fermeture ; pour lui aussi la "Belle Epoque" est révolue sans espoir de retour. Aussi, dans ses débuts le S.I. ne formulera-t-il que de modestes revendications : à la Compagnie PLM il demandera l’établissement d’un train entre 23 et 24 heures pour faciliter le retour à Lyon des clients du Casino, et à la Direction de cet établissement de faire procéder au nettoiement et à l’aménagement du terrain vague près du Grand Hôtel. Le modeste budget établi par le trésorier fait état de 3000 francs de recettes escomptées, et de 2300 francs de dépenses certaines, ce qui laisse une marge de manœuvre bien étroite. Cependant, en octobre, le S.I installera son Siège dans un local du chemin de la Nouvelle Source pour un loyer annuel de 800 francs. Ses premières missions : l’information des touristes.

En 1923 M. Delaye démissionne de son poste de Président, le Dr. Melou, Vice-président, le remplace. Peu à peu le S.I. s’investit dans son rôle, il renseigne les touristes de passage, mais doit toujours exprimer des regrets aux nombreuses demandes de cures la capacité hôtelière du siècle dernier n’est plus qu’un souvenir et aucune amélioration n’est en vue. L’étroit budget ne permet même pas l’édition d’une nouvelle brochure qui pourrait faire connaître ce que la Station peut encore offrir. Une lueur d’espoir apparaît cependant lorsque deux représentants de la municipalité et deux du Casino entrent au Comité de Direction, perfusion de personnalités qui n’amènera aucune amélioration de la situation qui va même empirer au point que, en 1925, quatre ans après sa naissance, le S.I. est sur le point de disparaître. Il sera sauvé in extremis par M. Grillet qui se dévouera en acceptant de remplacer le Dr. Melou à la présidence pour tenter de redresser la barre.

En 1927, Charbonnières-Les-Bains est classée Station Hydrominérale, ce qui lui permettra de percevoir la taxe de séjour, maigre rapport vu le montant de la taxe et le nombre de visiteurs. Pendant les deux années suivantes, le S.I. vivotera, s’occupant davantage d’urbanisme que de thermalisme, il signale le mauvais entretien des rues, le manque de bancs pour se reposer et d’urinoirs pour se soulager. Satisfaction lui sera donnée, quatre édifices publics et une douzaine de bancs seront installés en divers points du village. Un mouvement de protestation éclate au Comité Directeur qui déclare ne pouvoir travailler utilement faute de ressources, ce qui entraîne la démission de tous ses membres. Gros embarras du maire qui leur demande de reporter leur décision au moins jusqu’au Congrès des Syndicats de la Vallée du Rhône, qui doit justement avoir lieu dans peu de temps à Charbonnières, il leur promet d’augmenter l’aide de la mairie. Effectivement, la subvention municipale passe de 2000 à 5000 francs, et entraîné dans le sillage, le Casino fera également un geste.

1929 : Les signes encourageant d’un développement

C’est à partir de 1929 que la position du Syndicat va s’améliorer et les finances se redresser. Pour la première fois le trésorier pourra effectuer un dépôt de 10 000 francs à la Caisse d’Epargne. Prenant de l’assurance, ses revendications se font de plus en plus nombreuses, mais sont toujours axées sur la voirie qui, pour une Station thermale laisse beaucoup à désirer. Il demande l’enlèvement journalier des immondices, un meilleur entretien des rues et des places avec des balayages et des arrosages plus fréquents, une amélioration de l’éclairage aux passages à niveau. Il faut aussi que les trottoirs de la route de Paris soient débarrassés des détritus et des boues qui les encombrent en permanence, les fossés doivent également être curés régulièrement. On demande encore l’amélioration de l’éclairage des voies publiques, la révision de l’horloge régulant les heures d’allumage et d’extinction des lampes dans les rues du village. Le Syndicat d’Initiative présente un état des lieux qui ne fait honneur ni à la commune ni à la municipalité dont le service de la voirie semble devoir être réactivé.

La Cie PLM est également mise à contribution, il faudrait intervenir auprès de sa Direction régionale pour faire rétablir un certain nombre de trains supprimés sur la ligne desservant Charbonnières, demander aussi que la gare soit inscrite à la liste des Stations thermales afin de lui permettre de délivrer des billets à tarif réduit, et aussi, pourquoi pas, que la section de Lyon Saint-Paul à l’Arbresle soit électrifiée... ! Les activités du SI s’intensifient sur la publicité, écrite et radiophonique, un important jalonnement par panneaux et par affiches est mis en place. La population sera appelée à participer au fleurissement de la commune. C’est à l’occasion de la Fête des Fleurs de cette année 1929 que le concours des maisons et des balcons fleuris sera créé. C’est encore cette même année que le premier bal organisé par le S.I. aura lieu dans la salle du Théâtre que le Casino a mis à sa disposition, de même que son orchestre et ses attractions ; à cette occasion 2000 billets de tombola et 500 cartons d’invitation sont imprimés, l’opération laissera un bénéfice de 400 francs.

Mais les Charbonnois se sentent de plus en plus isolés en soirée dans leur village, ils ne disposent que de peu de moyen de transport en commun pour se rendre à Lyon, mais surtout pour en revenir. Les projets de liaison par tramway qu’avaient fait miroiter la Cie OTL à diverses époques, par la route de Sain Bel ou par l’avenue Bergeron, ont été abandonnés sous divers motifs techniques. Pour tenter de désenclaver la commune, M. Claude Guérin, garagiste transporteur établi à Charbonnières a bien accepté de mettre à l’essai un service d’autocar qui partait de la place Bellecour vers 22h30 en semaine, et à la fin des spectacles le samedi, tentative qui permettait de rapatrier les attardés, mais ne dura qu’un temps.

L’Assemblée générale du 27 mai 1930 présente un S.I. en pleine forme, on lui propose même de réorganiser le Comité des Fêtes en perte de vitesse, il ne pourra y souscrire, sa vocation n’étant pas d’organiser des fêtes. Par contre il poursuit encore sa campagne d’urbanisation et demande la rectification, en hauteur et en largeur, des ponts établis sur le ruisseau, ainsi que la suppression des barrages qui se sont formés dans son lit et provoquent des inondations chez les riverains lors des fortes pluies. Améliorations qui seront réalisées, sauf une qui dépasse les possibilités et la compétence de la municipalité quand il s’agit de supprimer un passage parce que trop fréquenté, celui de la route de Charbonnières à Marcy. Les activités du Syndicat s’étendent, le travail du secrétaire général s’accroît dans les mêmes proportions et il s’avère bientôt qu’une aide doit lui être apportée, une somme de 2500 francs est inscrite au budget à cet effet, mais M. Milleret pense qu’en lui attribuant 200 francs par mois pendant la saison et 100 francs les autres mois, son collaborateur sera suffisamment rétribué.

Malgré son importance croissante, il est un domaine sur lequel le S.I. ne peut rien et dont la responsabilité incombe aux municipalités et aux Directions du Casino qui se sont succédées depuis la fin de la guerre, c’est le problème majeur qui empêche Charbonnières-Les-Bains de justifier son appellation de Station thermale, situation que tout le monde déplore depuis des années mais que personne n’a osé attaquer : la capacité hôtelière de la commune qui restreint énormément le nombre de curistes. Indifférente à cette pénurie d’accueil, la Société Immobilière et Fermière de Charbonnières, de qui dépend le Casino, décide une fermeture partielle de ses établissements, décision que contestera vivement le SI. Mais M. Grillet commence à trouver bien lourde et bien longue la mission de sauvetage qu’il avait provisoirement acceptée en 1925, alors que le Syndicat était sur le point de disparaître faute de Président, et va donner sa démission ; on se retrouve ainsi dans la situation de 1925, les candidats à la présidence faisant toujours défaut, c’est M. Roquille, vice-président qui assurera l’intérim jusqu’à l’Assemblée de 1931 à l’issue de laquelle M. Milleret sera élu.

Dans les années 1930-1931, le tenancier de l’hôtel Terminus décide d’adjoindre à son établissement une piste de patins à roulettes. Sport très en vogue à l’époque, il attirait la jeunesse des environs et aurait pu constituer une attraction intéressante pour la station si son concepteur ne s’était mis en tête de l’améliorer en créant une ambiance de fête foraine autour de sa piste. S’étant procuré un phonographe fortement sonorisé, il déversait pendant une bonne partie de la journée, et parfois fort avant dans la nuit, un programme musical tonitruant censé animer, distraire et attirer la clientèle. Quelques chansons à la mode figuraient à son répertoire, mais l’hôtelier mélomane avait aussi un choix plus étendu de rengaines populaires qu’il diffusait abondamment dans le quartier de la gare. Cette sélection d’œuvres d’un goût douteux divertissait peut-être quelques auditeurs, mais choquait surtout d’autres oreilles plus délicates, au point que des habitants vinrent s’en plaindre au Syndicat d’Initiative en lui demandant d’intervenir auprès de la Direction de l’hôtel afin de faire cesser ce vacarme.

Quand il accepta cette mission, le président du S.I. ne se doutait pas qu’elle lui causerait autant d’ennuis, et pendant aussi longtemps, d’autant plus qu’une autre source de soucis s’amorçait au Comité de Direction. Elle était due à la nomination du nouveau secrétaire général, M. Muller - d’ailleurs absent à cette première réunion - nomination que M. Roquille, vice-président, reprochait au président Milleret, car selon lui, ce choix lui incombait, ce à quoi M. Mileret rétorquait que tel n’était pas son avis et qu’il entendait procéder lui-même à la désignation d’un secrétaire général, décision qui entraîna la démission de M. Roquille.

Au cours de l’Assemblée générale de 1931, un vif débat s’engagea au sujet de réponses écrites de M. Bassinet aux critiques formulées par les commerçants locaux au sujet des fournitures faites au Casino, au cours de la discussion, son objet dériva sur la situation de la station au point de vue capacité d’accueil, toujours insuffisante et sans espoir d’amélioration, ce qui donna l’occasion de reprocher à la Société des Eaux Minérales les trop nombreuses places occupées dans ses établissements par son propre personnel. De fil en aiguille, on en arriva au problème de l’utilisation de la main d’œuvre étrangère au Casino qui s’exerce au détriment de nos compatriotes ; M. Bassinet le reconnaît, pour certains travaux que les Français n’acceptent pas, il est contraint d’avoir recours à du personnel étranger, italien notamment. L’assemblée se poursuit alors dans un brouhaha au cours duquel s’échangent à tort et à travers diverses répliques et questions, et non aux personnes ayant compétence pour y répondre.

Pour ramener le calme, le secrétaire général pense faire diversion en annonçant qu’à la suite de la plainte adressée à la mairie par le S.I. à la demande des habitants du quartier de la gare pour faire cesser le bruit émanant de l’hôtel Terminus, son tenancier, M. Guillermin, assignait le Syndicat en Justice de Paix pour entrave à son commerce, pour diffamation, et demandait 3000 francs de dommages et intérêts. Outrées par ce comportement, de nombreuses personnes conseillent au S.I. de ne pas répondre à la convocation.

M. Milleret doit se présenter le 18 juin devant le juge de Paix de la Demi Lune, il risque de se voir condamner aux dépens et à 1000 francs de dommages et intérêts ; car déjà en mai, l’hôtelier avait fait citer le S.I en demandant 3000 francs, mais ni M. Milleret, ni le maire cité lui aussi pour 1000 francs ne s’étaient présentés. Poursuivant son offensive, et pour tenter de convaincre le juge qu’il était victime d’une machination ourdie par les quatre inculpés à l’instigation du Casino, Guillermin fait encore citer M. Bassinet et son chef de restauration pour 1000 francs chacun. D’un commun accord, les quatre inculpés décident encore de faire défaut, mais en prévision de poursuites éventuelles, le Comité de Direction du S.I. autorise son président à ester en justice et à se faire assister d’un avocat.

Le Syndicat d’Initiative va alors entrer dans une zone de grande turbulence quant au procès Guillermin s’ajoutera l’affaire Muller. Ce M. Muller est le secrétaire fantôme dont la nomination par le président avait été mise en cause par le vice-président estimant que cette mission lui incombait. Si le Comité n’avait pas ménagé son soutien à M. Milleret dans le différend qui l’opposait à Guillermin, il en fit autrement dans le conflit Muller.

C’était la divulgation par M. Roquille de certains propos qu’aurait tenu le président lors de la dernière séance, propos qui mettaient en cause un autre adhérent du Syndicat, M. Rétif. Rapportés à ce dernier par un tiers, ils avaient amené Rétif à adresser à M. Millet une lettre d’insolences et à le menacer de le poursuivre en diffamation pour l’avoir traité "d’individu indésirable".

Des membres du Comité présents à la séance en question affirmèrent que le président n’avait jamais prononcé le mot "d’indésirable", et qu’ils étaient prêts à en témoigner si l’affaire devait aller en justice. C’est alors qu’un membre du Comité absent à la dernière réunion, mais présent à celle d’avant, confirma que M. Milleret n’avait pas prononcé le mot "d’indésirable" mais seulement celui d’individu qui, de l’avis général n’avait rien de péjoratif, et que c’est seulement quand M. Roquille demanda au président de retirer cette insulte en lui disant : "vous le prenez donc pour un indésirable" que M. Milleret avait répondu : "si vous le voulez".

On s’en tint là pour le moment, et la réunion se poursuivit par la lecture du palmarès du concours des maisons fleuries qui a toujours beaucoup de succès et qui cette année a été récompensée par 2050 francs de prix. On annonça également que le bal du S.I. aurait lieu le 3 octobre au Grand Cercle, mais face à une obstruction systématique de M. Roquille, M. Milleret décide de lever la séance. Après avoir annoncé le grand succès du bal lors de la réunion suivante du 13 décembre 1932, le président revint sur les deux affaires qui préoccupaient le Comité : le procès Guillermin, au point mort en attente du jugement qui doit intervenir seulement en janvier prochain, et "l’affaire Muller", qui grâce à quelques nouveaux témoignages allait permettre d’y voir plus clair et de ramener cette "querelle de chefs" à de plus justes proportions. M. Rétif est maintenant convaincu que ce n’est pas le président, mais M. Roquille qui a avancé le mot de la discorde "indésirable", et que, s’estimant trompé par M. Roquille, il s’excuse sincèrement auprès de M. Milleret. De plus, reconnaissant qu’il n’était pas membre du Comité à l’époque, il ne pouvait prétendre à un poste dans le Bureau. Ainsi prit fin cette ridicule histoire qui n’aurait même pas dû figurer dans un compte rendu de séance.

En janvier 1932 le S.I. est informé que l’Union Fédérale des S.I. organise, du 18 au 26 juin, une caravane dont l’objectif est de visiter tous les Syndicats d’Initiative de la vallée du Rhône. Composée des présidents des Fédérations, des présidents des S.I. de France, des colonies et protectorats, de l’Office National de Tourisme, des délégations des services de transport chemins de fer, routes et canaux, cette caravane doit faire étape à Charbonnières le 23 juin où elle sera reçue au Casino. Considérant qu’il s’agit là d’un événement important auquel la station se doit de faire honneur, il est entendu que les frais de réception seront partagés entre la municipalité et le Casino. Toutefois, en raison de la crise qui sévit actuellement et de la situation critique du Casino, les engagements pris maintenant semblent assez incertains pour l’avenir, mais le président du S.I. n’est pas d’avis de revenir sur les dispositions prises et d’annuler la réception, il propose à son Comité, que dans le cas de défaillance de l’une des deux parties, le Syndicat d’Initiative participe également aux frais ; les membres donnent leur accord, mais estiment qu’il conviendrait d’abord de faire confirmer par écrit les engagements verbaux de la mairie et du Casino, chacun estimé à 2000 francs pour la réception de 80 à 100 personnes. Mais revenons à nos démêlés avec Guillermin, l’affaire a été jugée au Tribunal de Vaugneray, le Syndicat est condamné à 25 francs de dommages et intérêts et à la moitié des dépens, l’autre moitié incombant au plaignant, par contre les frais de jugement par défaut restent à la charge du S.I. Mais ce sont les attendus de ce jugement que récusent les membres du Comité, attendus qui "dénient à un Syndicat d’Initiative la faculté de prendre en considération et de transmettre à un tiers des vœux ou des réclamations". Par prudence, le Comité donne tous pouvoirs à son président pour faire appel s’il le désire. Les premières animations. La participation de Charbonnières est sollicitée à l’occasion d’une Exposition internationale des Techniques sanitaires qui doit avoir lieu au Palais de la Foire de Lyon du 7 au 20 mars 1932. Le Syndicat d’Initiative exprime des regrets, ne possédant ni bains, ni piscine, ni établissement thermal, ni éléments de propagande, il ne voit pas la nécessité d’y participer. En ce qui concerne la caravane de l’Union Fédérale des S.I. la municipalité et la Société des Eaux Minérales confirment leur participation aux frais de réception. Afin de laisser un bon souvenir aux visiteurs, le S.I. propose de leur d’offrir un apéritif et de remettre à chacun d’eux une boîte de pastilles de Charbonnières accompagnée d’un sachet de bonbons.

Dans son programme 1932 d’animation, la municipalité manifeste son intention de faire revivre la tradition de la fête patronale de la commune qui se tenait autrefois le 15 août, elle la ferait coïncider avec une visite du village au cours de laquelle seraient désignées les maisons fleuries à récompenser. La Musique des Equipages de la Flotte devait aussi se produire à Charbonnières le 26 juin, mais l’importance de cette formation ne permet pas son hébergement dans la commune, ce qui va priver la station de cette réjouissance. En juillet 1932, M. Milleret démissionne de la présidence. Malgré une pression exercée tant par le Comité que par le maire il maintient sa décision, et aucun des trois vice-présidents n’est candidat ; la crise du pouvoir est ouverte. Pour la dénouer, le président démissionnaire propose la candidature de M. Chardiny qui n’aspire aucunement à ce poste pour lequel il s’estime incompétent, n’étant pas du tout au courant des affaires qui s’y traitent. Pas convaincu par les arguments invoqués, le Comité décide de passer au vote et par 13 voix élit M. Chardiny président malgré lui, se pliant au verdict des urnes, il accepte le poste à condition d’être assuré de la bonne volonté de tous pour l’aider dans ses nouvelles fonctions.

En 1933 la municipalité de La Tour de Salvagny manifeste le désir de voir la Société des Courses prendre le nom de "Courses de La Tour de Salvagny". Le président Chardiny oppose son veto et demande que soit conservée l’appellation actuelle de "Société des Courses de Charbonnières-Les-Bains". Dans un compte rendu de la réunion du 31 août 1934 apparaît un nom qui, durant des années sera lié à l’histoire du Casino et du Syndicat d’Initiative. Il est membre du Comité depuis un an et y est inscrit sous le nom de M. Belley. On fait appel à ses compétences en lui confiant l’installation électrique de la salle Sainte Luce où doit se tenir cette année-là le bal annuel du Syndicat. Dans ce nouveau venu tout le monde reconnaîtra M. Claudius Bely, qui durant de nombreuses années fut le factotum de la Société des Eaux Minérales, du Casino et du Syndicat d’Initiative. Après quatre années de chicanes l’affaire Guillermin atteint enfin son dénouement, sinon à la satisfaction du S.I., du moins à son grand soulagement si l’on en croit le procès verbal annonçant la nouvelle mais ne donne toutefois aucun détail. Pour y mettre fin définitivement il est décidé de ne pas poursuivre l’hôtelier pour récupérer les 200 francs encore dus à l’avoué.

1935 devrait être une année importante pour la station, on ne parle que Fête des Fleurs, concours d’Elégance automobile, courses hippiques, courses, galas et autres réjouissances. L’important programme annoncé par la S.E.M. va amener le S.I. à créer une permanence durant la Saison qui se situe toujours du 1er avril au 31 octobre, le bureau du S.I. serait ouvert de 14 heures 30 à 16 heures 30 en semaine et de 11 à 13 heures le samedi ; en dehors de ces heures, le secrétaire indiquerait les heures et lieux où il serait possible de le joindre. Les statuts seront encore modifiés, d’abord pour officialiser le nouveau siège du Syndicat, ensuite pour fixer l’Assemblée générale annuelle au mois d’ouverture de la Saison, ce qui permettrait à un plus grand nombre de sociétaires d’y assister. On voit même encore bien au-delà : créer une délégation chargée au nom du Syndicat d’Initiative de le représenter officiellement aux funérailles de ses membres, d’offrir une couronne et de présenter ses condoléances à la famille. Toujours au cours de cette année 1935 sera institué le Comité Intercommunal de Coordination des efforts de mise en valeur, d’embellissement et d’extension de la station thermale de Charbonnières-Les-Bains. Il sera composé des représentants des municipalités des deux communes, du S.I., de la Société des Eaux Minérales, de la Société des Courses et de la Chambre d’Industrie thermale, regroupement préfigurant le "Syndicat intercommunal Charbonnières - La Tour" qui verra le jour une dizaine d’années plus tard.

C’est en 1936 que la S.E.M. propose d’installer un cinéma à l’hôtel Terminus redevenu plus calme. Il fonctionnerait pendant les mois d’hiver, le samedi à 20 heures 30, de novembre à février, et donnerait seize représentations dans une salle offrant 117 sièges, le prix des places serait fixé à quatre francs pour les adultes et à deux francs pour les enfants de moins de quatorze ans. Le premier hiver d’exploitation ne fut pas un succès, le bilan accusera un déficit de 1779 francs qui sera atténué en partie par une subvention municipale. On cherche un autre système de gestion. Charbonnières compte cette année 1317 habitants, le besoin de baptiser les rues devient urgent, la mission sera confiée au Syndicat d’Initiative qui crée une Commission à cet effet. Le programme des fêtes établi pour 1938 prévoit l’élection d’une Reine des Fleurs, les jeunes filles de la commune désireuses de participer au concours sont invitées à se faire inscrire au S.I. En plus des cadeaux qui lui seront offerts et des honneurs qui lui seront rendus, Sa Majesté sera invitée à une grande manifestation prévue à Aix-Les-Bains au cours de laquelle sera élue la "Reine des Stations Thermales de France". D’abord consentante, notre représentante se désistera au dernier moment et laissera à l’une de ses Demoiselles d’honneur la charge de défendre les couleurs de Charbonnières-Les-Bains. Décidément les Charbonnois ne sont pas cinéphiles, la Commission Cinéma accuse cette année un déficit de 3000 francs. Selon les uns, la faute en incombe à un hiver trop rigoureux qui a incité les gens à rester au coin du feu, selon les autres, les frais généraux sont trop lourds. Mais on ne perd pas confiance, et si la municipalité décide de maintenir sa subvention, les spectateurs n’allaient pas manquer d’actualités brûlantes au cours de l’hiver 1939-1940. C’est cette année 1938 que M. Bely devient Trésorier du Syndicat d’Initiative, c’est lui qui assurera la garde du "trésor" pendant les années sombres.

La réunion du 21 juillet 1939 fut brève. Ouverte à 20 heures 40, elle se terminera 50 minutes plus tard dans une atmosphère lourde d’incertitude. Aucun ordre du jour n’est prévu, on décide seulement de maintenir les séances de cinéma. En se séparant, beaucoup de membres pensent que le Comité ne se réunira pas de sitôt, mais certainement aucun n’imagine que la prochaine réunion sera aussi lointaine.

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