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Temporel et Spirituel au XIXème siècle

Charbonnières et ses églises

Au cours de ce XIXème siècle, les Français ont connu six régimes politiques différents : ils sont passés de la Révolution au Ier Empire, puis à la première Restauration, à la Seconde Restauration, à la Deuxième République, au Second Empire, avant de se retrouver en Troisième République après 1870.. Cette politique à géométrie variable, agrémentée d’un Calendrier révolutionnaire provisoire n’a pas été sans provoquer des répercussions à tous les niveaux des institutions de l’Etat.

La date de l’érection en commune de Charbonnières (1790) étant proche de celle de son édification en paroisse (1803), il a semblé intéressant d’établir un parallèle entre les deux pouvoirs, le Temporel et le Spirituel qui ont présidé aux destinées du village pendant les deux derniers siècles. Il ressort de cette comparaison que les deux pouvoirs ont été exercés par le même nombre de personnes : 21 maires et 21 prêtres. Un examen plus approfondi en vue d’établir une corrélation entre la durée des fonctions des uns et des autres n’a rien donné, maires et curés prenant et quittant leurs fonctions à des dates qui ne présentent aucun lien entre-elles.

Le seul résultat de cette recherche s’est borné à faire apparaître la fréquence des changements survenus au cours des exercices les plus longs, on a ainsi constaté que :

Du côté des maires :

Si l’on voulait relier ces mouvements de personnes à une tranche d’Histoire, on pourrait avancer que c’est au cours des deux Restaurations, 1814 et 1848, que les changements ont été les plus fréquents : 8 maires et 7 curés s’y sont succédé. La période la plus stable serait celle du Second Empire, 1851-1870, pendant laquelle Charbonnières n’a vu qu’un seul maire et deux desservants, mais ces résultats demeurent sans grande signification. Il s’agit là d’informations sans rapport direct avec notre sujet, bien que, six changements de régimes en moins d’un siècle, avec les fluctuations que chacun d’eux apporte à l’énorme révolution industrielle qui s’annonce dans le monde, ne soit pas sans influence sur tous les éléments de la société.

Dans le domaine cultuel qui nous occupe en ce moment, le conseil de fabrique s’inquiète du nombre de fidèles qui augmente chaque année pendant la saison des Eaux, de ces paroissiens occasionnels qui ne participent pas à la vie du village, mais la compliquent et en accroissent le coût, ce qui l’amènera à demander au gouvernement l’octroi d’un titre vicarial qui lui sera accordé sans difficulté.

Mais ces 450 francs annuels de vicariat ne peuvent apporter grand soulagement aux 500 habitants qui accueillent quelque vingt mille estivants pendant six mois de l’année. Au cours de ce XIXème siècle la population n’atteindra guère plus de 700 habitants, le millième n’arrivera pas avant 1910, et il faudra attendre 1936 pour que le "boom" commence et les fasse passer de 1300 à 4500 à la fin du XXème siècle, mais il faut dire qu’à cette époque il n’y avait plus un seul curiste dans la station.

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